La gestion du stress

Jean Krakowiecki

publié le 1er juillet 2008
mise à jour le 1er juin 2010


A. DIFFERENCE ENTRE LUTTE ET GESTION

Contrairement à une idée reçue on ne lutte par contre le stress mais on le gère.

A la fin de ce mois vous allez recevoir votre salaire. En fonction de son montant vous allez planifier votre budget mensuel, et tenter de vous y tenir.
Si à la fin du mois, votre solde bancaire est fortement débiteur, vous allez avoir des problèmes avec votre banquier, vous allez-même peut-être vous retrouver « interdit bancaire » et privé de carte et de chéquier.
Si votre solde bancaire est légèrement débiteur, et que vous avez un accord avec votre banquier, cela ne posera pas de problème.
Enfin, si votre solde bancaire est créditeur, alors vous pourrez dépenser cet argent ou bien, l'épargner.
Avec le stress, c'est la même chose. Vous avez un capital, que vous pouvez utiliser et dans ce cas, le stress est une source d'énergie bénéfique. Il permet de réagir plus rapidement, de réfléchir plus vite...
Si, à la fin du mois, vous êtes légèrement fatigué, cela n'est pas très grave. Par contre, un stress chronique va vous poser à la longue, des problèmes de santé, une qualité de vie moins bonne.

Une autre idée reçue, est que les sources de stress vont être évitées simplement parce qu'on va apprendre à gérer son stress. C'est un peu comme si un marin avait la possibilité d'éviter une tempête.
En réalité, ce marin saura gérer cette tempête beaucoup mieux qu'un « marin d'eau douce », mais quelles que soient ses performances, il ne pourra éviter la tempête !

1. Les pièges à éviter

Ainsi, une personne peut croire qu'elle sait gérer son stress alors qu'elle ne fait que lutter contre le stress.
Par exemple, un cadre responsable d'une équipe, peut avoir de graves problèmes de communication liés à son histoire personnelle, son éducation... Cette personne peut, par exemple, trouver des moyens simples et efficaces pour lutter contre son stress.
Elle va communiquer systématiquement de manière agressive (voire méprisante) avec ses subordonnés hiérarchiques, surtout lorsqu'elle ressentira un stress. De plus, elle va faire son « footing » tous les dimanche matin, ce qui lui permet de « brûler » les hormones de son stress.
Cette personne diminue d'autant ses risques de problèmes de santé liés au stress.
Par contre, ses subordonnés hiérarchiques...

Une personne qui sait lutter contre le stress ne risque pas d'entreprendre une démarche pour apprendre à gérer son stress !
Tout simplement, parce qu'elle n'en a pas besoin...

Je vais oser le parallèle avec l'individu qui sait tout et ne voit pas l'intérêt d'apprendre pour la simple raison qu'il n'y a rien à lui apprendre...

Le deuxième piège est de croire qu'en agissant sur les stresseurs on fait de la gestion du stress !
Effectivement, dans le cadre de la gestion du stress, on peut travailler directement sur les stresseurs, par exemple : déparasitage sensoriel sur le lieu de travail ou remise en cause de l'organisation du travail...

Mais cette manière de faire peut amener une personne dans une recherche constante de contrôle de l'environnement et par exemple, elle choisit de ne jamais changer de service pour la bonne raison qu'elle y trouve son compte même si elle ne s'y plaît pas... (le changement génère un stress... qu'elle veut éviter) .
Petit à petit, cette personne perdra sa flexibilité... et par voie de conséquence, le grain de sable prendra une dimension « hors norme ». Un simple changement de service peut affecter une personne au point d'induire une dépression nerveuse.
D'où l'intérêt de travailler sur la manière d'appréhender son environnement avant de travailler sur l'environnement lui-même.
Un chemin de vie peut devenir une véritable ornière !!!
Il faudra donc différencier les actions ponctuelles, des actions de fonds.

2. Conclusion

Ainsi, la gestion du stress passe par :

  • la prise de conscience des stresseurs
  • du stress engendré par ces stresseurs
  • des conséquences possibles de ce stress
  • de l'utilisation des outils qui permettront de le gérer

Dans tous les cas, un travail sur soi est nécessaire, pour prendre conscience de ses conditionnements, et avoir le choix de s'en défaire.
C'est pour cette raison, qu'une véritable formation à la gestion du stress, ne peut se faire en trois jours ! Une prise de conscience de ses conditionnements est un travail qu'on ne peut faire en si peu de temps.


B. LES MOYENS POUR GERER OU LUTTER CONTRE LE STRESS

1. La relaxation

mal nommée, on peut croire qu'il suffit de se relaxer, de se détendre, pour gérer le stress.
En réalité, la relaxation ou sophrologie ou auto hypnose (training autogène de Schultz, méthode progressive de Jacobson...) est une méthode pour atteindre un état de conscience modifiée, ainsi qu'une détente des muscles périphériques et internes.
On peut utiliser la relaxation pour gérer le stress (en amont) ou pour lutter contre le stress (en aval).
L'appropriation d'une bonne technique de relaxation peut se faire en l'espace de trois, quatre jours.

2. La méditation

permet d'atteindre le calme mental. Celui-ci va induire un état de détente psychique, mental et musculaire par conséquence.

3. Le yoga

où l'on va travailler à la fois sur le calme mental et la détente physique de certains muscles. De plus, comme pour la danse, le yoga permet de mieux connaître son corps, ses muscles et de pratiquer une respiration « complète ».
Enfin, certaines sortes de yoga s'accompagnent d'une forme de « croyance » (terme emprunté à la thérapie cognitive) qui peut intervenir dans la représentation mentale et donc, avec des répercussions positives sur le psychisme.

4. Le Taï chi chuan

ou le Qi-Gong sont dérivés des arts martiaux. Ils sont indiqué ici avec une place à part car ils permettent de faire circuler l'énergie vitale et sont une gymnastique lente, comme pour le yoga.
L'existence de cette énergie vitale (principe de base de l'acupuncture) n'est pas ici le propos, mais nous en parlons car il y a des résultats visibles sur le stress et c'est surtout ce qui nous intéresse au premier abord.

5. L'Art thérapie

a une double composante : artistique et thérapeutique.
La pratique d'un art permet aux sens, aux émotions, à la sensibilité de s'exprimer, d'évacuer des blocages et de s'épanouir, en laissant jaillir sa propre créativité.
L'oeuvre artistique n'est pas le but à atteindre, il ne s'agit pas de se mettre au service de l'art, d'en respecter les contraintes et les règles, mais à l'inverse d'utiliser l'art comme moyen d'expression, de valorisation personnelle, d'épanouissement.
Dégagé de toute auto-censure, on apprend à cultiver le lâcher-prise pour faire jaillir sa créativité. Il s'agit d'aller à la rencontre de soi-même...

6. Le chant

comme toutes les activités artistiques, le chant à une place spéciale dans le sens ou le travail respiratoire (souffle, respiration ventrale) et la résonance crânienne agissent en induisant un état de conscience modifiée.
Enfin, les sons et leur répétition (mantras) ont un effet direct sur notre état mental et notre psychisme (exemple des chants tibétains).
La pratique du chant au travers d'une chorale permet en outre de partager une activité avec d'autres personnes. Le « tissu social », les liens que nous avons avec les autres, est un modérateur de stress.

7. La danse

permet d'utiliser son corps, de le connaître, ce qui permet une meilleure image de soi, et devient un bon moyen d'épanouissement personnel. Le travail physique, la respiration, les étirements et la coordination musicale concourent à une détente complète. (Bien entendu, hors de la compétition avec les autres danseurs…). La danse permet plus de lutter contre le stress que de le gérer. Des problèmes de fond ne seront pas forcément réglés grâce à la pratique de la danse.

8. Le sport

est difficilement abordable sans cette idée de compétition, qui elle, engendre un stress !
Hors compétition, le sport permet une bonne respiration, une meilleure oxygénation, un état de mieux être (notamment grâce à la production d'endorphines ou adrénaline), pour certains sports ou certaines personnes, une meilleure image de soi, une meilleure concentration, le développement de la confiance en soi...
Là encore, la personne qui sait lutter contre le stress n'a pas d'intérêt particulier d'apprendre à le gérer...
peut-être son conjoint, qui ne le voit pas aussi souvent qu'il le souhaiterait...

9. Les activités manuelles ou hobbies

comme le jardinage, la menuiserie, l'informatique sont des activités qui permettent de se détendre (ce n'est pas de la relaxation), permettent de ne pas se concentrer sur soi, ses soucis, ses inquiétudes...
Ces activités sont à considérer plutôt comme des modérateurs de stress.
Attention aussi que ces « solutions » ne soient une fuite en avant. Certains hommes préfèrent passer leur temps devant leur ordinateur plutôt que d'affronter une discussion profonde avec leur conjoint et tenter de résoudre un problème de couple.

10. La sur-activité

comme pour les activités diverses et multiples, la sur-activité permet d'éviter des situations stressantes comme le fait d'être « mal dans son couple », par exemple !
C'est un bon calcul sur le court terme, mais prépare des lendemains qui déchantent.
Souvent, la multiplication des activités ou le fait de rester longtemps à son travail, sont des signes qui traduisent un mal être et une fuite devant une situation stressante.
La sur-activité empêche de se poser les « bonnes questions » !

11. Les soins corporels

permettent de se sentir bien dans sa peau et avoir une image de soi valorisante.
Attention encore une fois, il y a le piège de dépendre de cette image. Cela provoquera un stress devant une vieillesse inéluctable, les petites rides, le regard des autres, ne pas se sentir aimé pour qui on est...
Prendre soin de soi est une chose, dépendre de la mode, d'un canon social, d'une image en est une autre.
Vivre au travers d'un masque nous laisse une impression de vide, de solitude profonde... générateurs d'un stress chronique. En effet, même si les autres nous aiment, ils aiment surtout le masque et pas qui nous sommes profondément.

12. La respiration

change naturellement sous l'effet du stress. Elle est moins profonde, plus courte, et même nous pouvons avoir le souffle coupé ! Nous avons aussi une réponse naturelle qui peut intervenir, quand nous soufflons fortement.
(Pffoouu, quand cet enfant va-t-il me laisser lire mon journal tranquillement ? ) .
Cette réponse naturelle, nous aide à nous libérer d'un stress particulier.
Le travail volontaire sur la respiration permet aussi de nous libérer de nos tensions par un massage de nos viscères quand le diaphragme appuie sur notre abdomen, par une meilleure oxygénation de notre sang, et par un changement de comportement, associé à un état de bien être, et par un changement de nos émotions.
Il suffit par exemple de demander à une personne qui pleure, de prendre quelques respirations bien profondes pour la voir se calmer.
Ainsi, la respiration contrôlée associée à un « recentrage » des pensées, fait partie des méthode de traitement pour réduire l'anxiété. Toutefois, cette technique doit être pratiquée régulièrement pour que des effets se fassent ressentir.
Ainsi, la respiration permet de lutter contre le stress en le diminuant, et permet aussi de le gérer quand elle est utilisée en amont, de la même manière que la relaxation.

13. Le sommeil

est un moment privilégié où notre cerveau, déconnecté de notre corps, se ressource, restructure ses souvenirs, fait le plein d'énergie pour mieux aborder la journée suivante.
Le sommeil permet d'évacuer les tensions et la fatigue en restaurant l'énergie physique. Il permet de restaurer le psychisme, notamment grâce à la phase de sommeil paradoxal. Il déclenche la sécrétion de l'hormone de croissance responsable du renouvellement des cellules et des tissus. Il libère la mélatonine, hormone qui régule l'alternance veille-sommeil.
La qualité de nos nuits, dépend de la qualité de nos jours et vice versa. Mais aussi de nos propres besoins selon que nous soyons du matin ou du soir, un petit ou un gros dormeur.
Le manque de sommeil nous rend irritable et nous avons du mal à nous concentrer. Un enfant devient « intenable » dès lors qu'il n'a pas fait sa sieste...
Il est important pour apprendre à gérer son stress de savoir gérer son sommeil. Un sommeil réparateur permet à l'organisme de retrouver son équilibre physique et psychique.
La sieste peut être une bonne chose si vous en ressentez le besoin. De plus en plus d'entreprises proposent à leurs salariés un cadre tranquille pour qu'ils puissent y faire la sieste.
La gestion de son sommeil passe par la connaissance de soi, de ses rythmes biologiques (cycles de sommeil). Les besoins varient selon l'âge et les individus.
Un sommeil fragilisé, des nuits non- reposantes sont des sources de stress. La répétition de mauvaises nuits va entraîner un stress chronique. Ce stress chronique va influer directement sur la qualité du sommeil, entraînant un cercle vicieux, où cette qualité de sommeil va induire un stress diurne.

14. L'alimentation

intervient aussi dans la gestion du stress. En effet, ce stress risque de déséquilibrer notre alimentation, et de fatiguer notre organisme.
Or, une bonne alimentation, permet de donner à l'organisme tout ce qui est bon pour lui. La carence de certaines substances comme les vitamines du groupe B s'accompagne alors d'une réduction des facultés d'adaptation. Et aussi le magnésium, qui intervient dans les échanges cellulaires et le processus de stress.
Le stress utilise nos réserves de magnésium et induit une consommation importante de vitamine C (qui joue un rôle dans la synthèse du cortisol). Un manque de magnésium, va générer une plus grande sensibilité au stress.
Il est à noter, que nous ne sommes pas égaux face au stress. En effet, génétiquement, nous fixons plus ou moins bien le magnésium. Une personne qui fixe mal le magnésium, aura tendance à développer plus de stress qu'une autre personne.

Attention, une personne peut utiliser la nourriture comme moyen de lutter contre le stress (par réaction de compensation). C'est par exemple, la tablette de chocolat ou l'ouverture systématique du réfrigérateur dès qu'une contrariété pointe le bout de son nez.
C'est la recherche du plaisir par la nourriture, qui va équilibrer le malaise généré par le stress. Ce type de réaction face au stress se retrouve dans les problèmes de boulimie.

15. L'humour

permet de prendre de la distance par rapport à des événements qui pourraient nous affecter autrement.
Du point de vue psychologique, le rire est une détente pour l'esprit. Il possède une action relaxante. C'est une défense contre le stress, et la tristesse.
Pour les psychanalystes, l'humour et le rire sont un moyen de détourner la souffrance psychique et de se protéger : c'est un processus de défense, « une sorte de réflexe de fuite dont la tâche est de prévenir la naissance du déplaisir ».
Beaumarchais disait déjà « je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer ».
Mais le rire n'a pas qu'une efficacité psychique. Il a aussi des vertus physiologiques.
Sous l'effet du rire, le diaphragme subit des contractions-décontractions alternatives qui contribuent à réaliser une véritable gymnastique interne, agissant sur les poumons, les organes abdominaux et le système cardio-vasculaire. Cette sorte de massage interne serait responsable du sentiment de bien-être et de décontraction que l'on ressent après un bon fou rire.
Plus globalement, le rire diminue le tonus musculaire général et élimine ainsi tensions et agressivité.
Il existe des thérapies par le rire qui se développent de plus en plus

16. Les croyances

vont permettre d'évacuer le stress ou bien au contraire, peuvent avoir un effet inverse et augmenter le niveau de stress.
Ces croyances (conscientes ou inconscientes), liées à la culture, l'environnement social, la religion, l'éducation peuvent être modifiées ou développées dans le cadre de la gestion du stress.
On comprend donc que des « tests de stress » comme la fameuse échelle de stress de Rahe et Holmes ne sont pas fiables puisque des facteurs comme la croyance et le soutien social n'y entrent pas.
Par exemple dans le cadre d'une procédure au tribunal : Agnès est une personne « procédurière » qui va « prendre son pied » à se battre, d'autant plus qu'elle est sûre de son bon droit.
Philippe qui tremble devant toute autorité (au cours de son enfance, il a subi l'influence de son père, grand dictateur devant l'Eternel ! ), va prendre ce procès avec beaucoup moins d'enthousiasme et plus de stress qu'Agnès ! Surtout s'il pense « bof, y'a pas de justice dans ce pays... ».
Ils auront tous deux un certain stress mais à des degrés différents.

a. La philosophie

va permettre au « philosophe » de prendre de la distance par rapport aux événements.
Comme le disait Epictète, un célèbre philosophe stoïcien (50 après J.C.) : « Ce ne sont pas les événements qui affectent les hommes, mais l'idée qu'il s'en font ».
Il est à noter que l'adoption d'une philosophie pessimiste peut induire au contraire, un état de stress.

b. La religion

permet d'agir, au même titre que la philosophie, sur l'état émotionnel et donc sur le stress. Par exemple, devant l'idée de la mort, une personne qui vit sa religion complètement et pensant aller directement au paradis, sera certainement moins stressée qu'une personne angoissée par l'au-delà.

Il est important de faire la différence entre religion et « religiosité ». Ce n'est pas en effet, le fait de se tourner vers la Mecque ou d'aller à la messe tous les dimanches, qui donne une dimension spirituelle à l'être humain, mais c'est sa foi, c'est à dire « l'enracinement » de sa croyance.

Il est à noter l'importance de la prière (ou de la méditation) qui enlève une part importante de stress, en agissant sur l'hypothalamus qui joue un rôle pour ce qui est du rythme cardiaque et de la pression artérielle ; il régule aussi la sécrétion d'hormone comme le cortisol.
( « Avoir la foi et pratiquer sa religion, prolongerait de 29 % l'espérance de vie ». Cette conclusion inattendue est le résultat d'une compilation de 42 recherches portant sur l'engagement religieux et la longévité, Coréalisée en 2000 par l'épidémiologiste David Larson.)

c. Les thérapies cognitives

sont la porte royale qui permet de travailler directement sur les croyances qui nous gouvernent. Et de choisir de garder ces croyances, ou de les changer.
Par exemple, une personne peut avoir la croyance : « tous les chefs sont des imbéciles qui ne recherchent que le pouvoir ». À votre avis, quel sera la qualité de la communication entre cette personne et son responsable hiérarchique ?

Les thérapies cognitives sont souvent associées à la thérapie comportementale, un travail utilisant la relaxation par exemple.
La thérapie cognitive s'intéresse aux interprétations négatives, déprimantes ou angoissantes, et aux inférences erronées qui provoquent le développement d'émotions négatives inadaptées et pénibles. Elle ne s'y intéresse que pour les dépister et les combattre (éventuellement) par des techniques interactives telles que l'auto-observation des pensées automatiques négatives, le dialogue socratique. les techniques de résolution de problème.

17. Le pardon

Pour les Chinois, présenter des excuses revient à perdre la face. et l'on ne perd pas la face à la légère. Au point que les autorités ont pris des mesures pour les aider à pardonner en créant un « Centre d'excuses et de cadeaux » ! Créé pour présenter des excuses il s'agit d'une extension d'un centre de prise en charge du stress installé dans les locaux du gouvernement du district.

En fait, « Les excuses contribuent à améliorer les rapports entre individus. Le stress et les problèmes relationnels s'en trouvent réduits d'autant ».
Tout ce qui peut améliorer la qualité des relations entre individus, a un effet direct bienfaisant sur le mauvais stress.
Ainsi, Une vie de couple réussie ne dépend pas du nombre de « frictions » mais de la rapidité à résoudre le problèmes. Un problème non résolu entre deux individus est un facteur de stress et de séparation entre eux.
Autant une personne humble, reconnaissant ses fautes peut paraître sympathique, autant celui ou celle qui a toujours raison, ne fait jamais d'erreur, est antipathique.
Et aussi, le pardon que l'on « accorde » à l'autre a un effet libérateur... n'est ce pas ???

18. Le lien social

est extrêmement important comme modérateur de stress. Une personne qui est entourée par ceux qu'elle aime et qui l'aiment, sa famille, ses amis... pourra faire face plus facilement à un stress important.
C'est là toute la difficulté des « tests de stress » car il est difficile de cerner la qualité du soutien social.
Un bon moyen est de s'imaginer demander de l'argent à une personne pour juger de la qualité du lien...

19. La psychothérapie

est certainement une porte royale aussi importante que les thérapies cognitives. La psychothérapie permet de clarifier ses émotions, d'apprendre à s'affirmer sans agressivité, de retrouver ses valeurs personnelles, de s'affranchir du regard des autres, de se déculpabiliser...
C'est la parole qui devient libératrice d'une souffrance inconsciente.
(On dit « mettre des mots sur les maux » )

Le choix du thérapeute est prépondérant. C'est le travail qu'il a fait sur lui-même qui donnera la valeur de son travail...

Les psychiatres et psychologues sont appelés à faire une analyse, mais il n'y a pas de suivi et ce n'est pas obligatoire. Les psychanalistes ont déjà commencé ce travail et sont « parrainés » par un confrère. Le psychothérapeute a fait un certain travail sur lui-même. N'importe qui peut se prétendre psychothérapeute à l'heure actuelle.
Ecouter profondément un ami qui exprime ses émotions est de la psychothérapie...

Si le thérapeute est psychiatre, c'est à dire médecin, il peut prescrire des médicaments et ses consultations sont prises en charge par la sécurité sociale !
Notre conseil : choisir un psychiatre-psychothérapeute.

20. La psychanalyse

est un moyen d'introspection au même titre que la psychothérapie.
C'est ici que l'on s'allonge sur le divan et que l'on parle pendant que l'analyste prend des notes. Celui ci intervient moins souvent que le psychothérapeute.
Il existe différentes écoles (chapelles ? ) : Freudiens, lacaniens, jungiens, reichiens...
Certaines personnes trouvent plus difficile la psychanalyse que la psychothérapie...

21. Les thérapies brèves

sont aussi un moyen d'avancer dans la connaissance de soi et donc, permettront de régler des situations de stress présentes et futures.
Un spécialiste de la gestion du stress va puiser dans ces « modèles », pour donner des outils concrets et efficaces pour gérer des situations ou mettre en évidence des modes de pensée qui pourraient être mieux adaptés à certaines situations.
Il existe d'innombrables sortes de thérapies qui entrent dans ce cadre. Certaines sont plus efficaces, et d'autres sont plus adaptées à la personnalité du sujet.
Hypnose éricksonienne, PNL (Programmation neuro-linguistique), analyse transactionnelle, hypnose, audio-psycho phonologie, rebirth ; cri primal, sexothérapie, instinctothérapie, analyse psycho-organique, eutonie, rêve éveillé, chamanisme toltèque (!), etc, etc.

Plus le langage est difficile à comprendre, pompeux, plus la méfiance est de mise...
C'est dans ce fatras de thérapies dont certaines sont sérieuses et appliquées par des gens sérieux que l'on va retrouver aussi des approches ésotériques et/ou des sectes...
Il est à noter que faire partie d'une secte va aider à lutter contre le stress par l'impression de contrôle de la réalité, un soutien social, une meilleure acceptation de soi, même si au bout se trouve l'esclavage !

Une bonne gestion du stress passe par une plus grande liberté et non l'inverse.

22. La thérapie de groupe

dont l'approche la plus connue est l'approche de Carl Rogers qui préconise (entre autre) l'écoute active et l'empathie.
La thérapie familiale...

23. La Biologie comportementale

développée par le professeur Henri Laborit reprend les travaux des biologistes, neurologistes, cybernéticiens, les travaux de Cannon, MacLean...
Cette modélisation biologique du comportement humain est un travail remarquable pour comprendre et dépasser notre nature animale. (Pour se donner une idée de cette nature animale, il suffit de regarder le journal télévisé de 20 heures !!).
Cette nature animale est difficile à cerner du fait de la propension de l'humain à justifier son comportement. Selon Laborit, notre « intelligence » ne sert qu'à justifier notre comportement ! (peut-être le côté provocateur de Laborit ? ...)

Comme la connaissance des lois physiques a permit à l'homme d'envoyer des fusées sur la lune et de s'affranchir des lois physiques, seule la connaissance de ses réflexes animaux peut aider l'humain à s'en affranchir...
Selon le « modèle Laborit », les 3 réactions au stress sont :

  1. Agressivité
  2. Fuite / Compensation
  3. Inhibition

Nous vous invitions à voir le film d'Alain Resnais « Mon Oncle d'Amérique » et lire « L'agressivité détournée » pour comprendre le processus de départ du harcèlement moral.

24. Une bonne relation de couple

fait partie du soutien social mais mérite une place à part dans la gestion du stress. En effet, une relation de couple épanouissante permet :

  1. De gérer au mieux les conflits inhérents à la vie de couple
  2. D'apporter le soutien nécessaire dans les moments difficiles

Pour cela il est important de comprendre que l'homme ne vit pas la même réalité que la femme ! Le livre « best seller » de John Gray « les hommes viennent de mars et les femmes de vénus » l'explique parfaitement !
Une femme aura plutôt tendance à réagir en fonction de ses émotions alors que l'homme, lui va analyser et « mentaliser » la situation... ce qui peut générer des conflits difficiles à résoudre ! (attention, il s'agit de généralités ! )

Selon le « docteur Love » (John Gottman), la première raison de consultation, concerne la sexualité ou son absence. On peut être un « pro » de la gestion du stress, mais si notre vie sexuelle ne nous satisfait pas, cela se reportera sur notre comportement. La frustration génère un stress.
Selon Gottman, il existe 7 piliers du bonheur à deux :

  1. S'intéresser à la vie de son partenaire (ses amis, ce qui le préoccupe, son univers...)
  2. Respecter, admirer, prendre soin de l'autre, ... (être capable de dire ses 10 premières qualités rapidement, est une bonne indication pour savoir si on s'intéresse aux défauts de l'autre ou ses qualités...
  3. Etre capable de se tourner l'un vers l'autre, de se connecter. Parler de ses émotions, même futiles, répondre aux tentatives de rapprochement en cas de conflit. « Ce qui compte, ce n'est pas le nombre de fois où l'on dérape, mais la vitesse à laquelle on se rattrape. »
  4. Accepter de se laisser influencer par son partenaire. Reconnaître que l'un peut être plus doué pour l'informatique, par exemple, et l'autre pour décider du nouveau canapé. Choisissez vos batailles... prenez du plaisir à céder du terrain et vous serez plus heureux !!!
  5. Se rendre disponible à l'autre et résoudre les problèmes mineurs rapidement.
  6. Ne pas penser qu'une situation est sans issue : exprimez votre envie de faire votre possible pour comprendre son besoin.
  7. Avoir des aspirations communes. Saint Exupéry disait « S'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, mais regarder dans la même direction... »

25. La gestion du temps

est obligatoire pour une bonne gestion du stress. La gestion du temps oblige de savoir si l'on dispose du temps nécessaire à l'exécution d'une tâche. Si l'on accepte un travail sans disposer du temps nécessaire, alors on se retrouve coincé... et stressé !
Plutôt que d'oser dire à son supérieur hiérarchique qu'il faut plus de temps pour la bonne exécution du travail, une personne peut choisir de prendre sur le temps familial... ce qui est un bon calcul sur le court terme, mais sur le long terme...

26. Un travail épanouissant

est très important du fait que nous passons beaucoup de temps au travail. Ce travail devra répondre à nos valeurs profondes sous peine de se déssècher comme une plante lorsque l'eau manque !
(Par exemple, un ouvrier qui fabrique des bombes volantes qui ne correspondent pas à ses valeurs de paix, même avec un salaire motivant, ne pourra jamais trouver la sérénité pour la simple raison qu'il acceptera le viol de ses valeurs qui le structurent émotionnellement.)

Par ailleurs, une bonne communication est nécessaire dans le cadre de son travail pour se faire comprendre et développer un bon relationnel.

Connaître ses valeurs, être capable de s'affirmer, revoir l'organisation de son travail, aménager son espace de travail, éliminer les parasites sensoriels, savoir déléguer, sont des passages obligés de la gestion du stress au travail.

27. L'apprentissage de la délégation

permet de faire confiance à l'autre et surtout de ne pas se retrouvé surchargé par les tâches, avec la frustration qui va avec...
Cela est vrai aussi bien sur le lieu de travail, qu'à la maison...

Souvent on retrouve la femme qui prend sur elle de ranger la chambre des enfants, ce qui est plus rapide que de leur apprendre l'autonomie... ou de prendre en charge le mari (et ses chaussettes qui traînent) pour finir par le traiter comme un enfant de plus (pour le lui reprocher plus tard...)
La difficulté de déléguer est souvent la conséquence de la façon dont on voit les autres.

28. Une bonne communication

permettra d'optimiser la qualité de nos relations avec les autres. Attention, savoir communiquer n'est pas forcément savoir éviter les conflits. Parfois, une communication juste va mettre à jour un conflit larvé...
Il est simplement préférable de savoir ce qu'il en est plutôt que de traiter les conséquences d'un conflit larvé sans jamais trouver de solution au problème...
Un méthode que j'utilise est la sémantique générale qui permet d'élargir son champ de conscience.
Par exemple en mettant à jour le processus d'inférence inconsciente (Une inférence est une déduction logique). Si je vous prête ma voiture, vous saurez la conduire même si vous avez appris avec une autre marque... Et c'est tant mieux !
Par contre, si vous voyez un dessin qui montre un corbillard garé devant une maison, vous allez faire l'inférence qu'il y a un mort dans la maison...
mais en fait, c'est Marcel, le conducteur, qui est venu faire une petite visite à son pote, Gustave pour discuter le « bout de gras » !...

Cela n'est pas bien grave de se tromper sur cet exemple, mais la plupart de nos communications sont « bourrées » d'inférences ! Et cela devient dès lors plus difficile d'appréhender une manipulation (consciente ou inconsciente) de son conjoint, son enfant, son patron, d'un personnage politique ou d'une publicité...
Tout ce qui peut élargir son champ de conscience va nous permettre d'éviter une manipulation.
J'ai à ce propos remarqué chez des « spécialistes du stress », des inférences qui ont tronqué la qualité de leur jugement dans certaines situations, ce qui est plutôt dommage.

29. Le travail sur la flexibilité

permet dans un premier temps de prendre conscience de ses conditionnements, ce qui développe les pensées transversales.
Un rat génétiquement intelligent, ne va pas développer son intelligence dans un milieu médiocre.
Par contre, un autre rat qui n'a pas ce gène de l'intelligence, mais qui se trouve dans un milieu riche, sera plus intelligent que le premier. Il sera plus flexible et saura s'adapter plus vite dans le cadre d'une situation nouvelle. Il sera moins stressé.

D'où l'intérêt de changer régulièrement la place des meubles dans la chambre de son enfant...
Pour connaître votre niveau de « rigidité », vous pouvez mettre votre montre à l'autre poignet, changer votre place à table, devant la télévision, dans le lit, (en accord avec ceux qui sont impliqués dans ce changement)...
Si ces changements vous affectent fortement, il est peut-être temps de travailler la flexibilité !

30. La médecine

permet d'aider à faire face à un stress important et éviter des conséquences néfastes pour l'individu. Le médecin prescrira alors des médicaments qui aideront à « tenir le coup ».
Attention, car des médecins peu scrupuleux ou mal informés, peuvent prescrire des psychotropes ou somnifères sur une trop longue période. Ce qui engendre un effet pervers d'accoutumance.
En prenant ces médicaments, on ne fait pas face au problème, on le fuit, exactement comme avec le cannabis, alcool et autres drogues qui produisent une dépendance psychique. A cette dépendance psychique, certains médicaments ou certaines drogues ajoutent une dépendance physique.
L'utilisation de ces drogues ou médicaments peuvent provoquer une perte de la volonté (aboulie) qui va rendre encore plus difficile le retour à la réalité. Réalité où le problème est toujours présent !

Le médecin peut aussi jouer le rôle de thérapeute : celui qui écoute. Il est possible de réduire le niveau de stress d'une personne simplement en l'écoutant.
Il est à noter que la pénurie d'infirmières dans les services, permet de moins en moins cette écoute du patient qui se trouve dans une situation génératrice de stress... Et quand on sait l'importance de la sérénité dans le processus de guérison...

31. Conseils divers

que l'on trouve dans toutes les rubriques spécifiques à la gestion du stress.
Attention, en général, ces conseils portent sur l'action extérieure. Cela veut dire que l'on peut croire gérer son stress alors qu'en réalité, on fuit, on écarte ces situations de stress.
Ainsi, une personne va éviter le plus possible de faire des vagues avec sa hiérarchie, ses collègues, son conjoint. Quitte à accepter n'importe quoi... Elle rendra service à tout le monde, etc. Sans jamais se rendre compte qu'elle ne s'accepte pas et qu'elle vit sa vie « par procuration » comme le dit la chanson. Et quand sonne l'heure du bilan, ou quand le grain de sable se met en travers de la route...
Donc, voici quelques pistes qui permettent d'éviter les situations engendrant du stress.
Se faire livrer ses courses, pratiquer régulièrement un sport, écrire son stress noir sur blanc (permet de clarifier, relativiser, exprimer son ressenti...), prévoir du temps libre pour soi, prévoir un temps de battement avant un rendez-vous, ...

Eviter les stress électromagnétiques (téléphone portable, ...), éviter l'orgueil qui nous empêche d'écouter et peut nous piéger dans un fatras de justifications... , se méfier des refuges ou compensations comme une « activité sexuelle débordante », une sur-activité, une image de soi dont on dépend (bon parent, cultivé, image sociale valorisante qui fait qu'on n'a plus de vie privée...), une vie passée devant l'ordinateur, la fameuse tablette de chocolat qui dort dans le placard...

Ces actions ponctuelles sont à différencier des actions de fond. Même certaines personnes qui ont été formées à la gestion du stress vont appliquer une technique de relaxation pour lutter contre le stress, sans jamais s'apercevoir qu'elles ne font qu'utiliser une technique de surface et non s'attaquer aux questions de fond... C'est leur choix et parfois elles subissent cette situation.
Si vous rentrez chez vous ce soir et qu'en entrant chez vous, vous vous apercevez que vous avez oublié de fermer le robinet de la cuisine...
L'évier déborde et il y a une énorme flaque d'eau par terre. Qu'allez vous faire en premier ?
Passer la serpillère ? Non, vous allez fermer le robinet en premier lieu ! Cela vous demandera moins d'énergie à vous attaquer à la cause du problème plutôt qu'aux conséquences...
C'est la même chose pour la gestion du stress : il est primordial de s'attaquer à la cause de départ plutôt qu'aux conséquences, même si cela semble plus difficile dans un premier temps, cela se révèle payant par la suite.


ANNEXE

L'orgueil

L'orgueil nous empêche d'écouter et donc apprendre. « Pourquoi les personnes qui refusent toute aide sont ceux qui en ont le plus besoin ? », demande Jessy dans le film « Et au milieu coule une rivière ». Certainement que l'orgueil (qui sert surtout de protection) empêche l'apprentissage et donc nous éloigne de la sagesse ???
Il est à noter que l'orgueil est plus présent chez les hommes que chez les femmes (Je n'ai pas dit que les femmes étaient humbles ! Et il s'agit de généralités ! ) et qu'on le retrouve plus souvent chez les personnes ayant une hypersensibilité. L'orgueil est un moyen de protection efficace (dans un premier temps) contre le stress.

L'orgueil va se traduire aussi par un refus de commettre la moindre erreur. Or , l'erreur est humaine ; voilà une situation de stress !!!
La fameuse expérience de Stanley Milgram montre que 63 % de la population est prêt à envoyer des décharges de 450 Volts à une personne inconnue, qui ne leur a rien fait !
Simplement parce qu'une autorité reconnue leur a procuré une obéissance confortable.
La raison qui les empêche de s'arrêter sur le chemin des 450 Volts est qu'ils s'interdisent de reconnaître leur tort de départ... la boucle est bouclée...
L'éducation, l'expérience personnelle, une hypersensibilité, la culpabilité, sont les principales raisons de l'orgueil.

Enfin, il n'est pas simple de faire la différence entre « déni inconscient » et « orgueil ». le déni est produit par une culpabilité telle qu'il est impossible pour la personne de prendre du recul.
Par exemple, une femme alcoolique vient de boire quelques gorgées d'un alcool fort et replace rapidement la bouteille sous la pile de linge. Le mari qui a vu toute la scène, arrive et accuse sa femme « je t'ai vu, tu as caché la bouteille ici » et il sort la bouteille de sous la pile de linge. La femme va nier sincèrement que cette bouteille ne lui appartient pas et se demande même ce qu'elle fait ici...
Elle ne peut accepter la réalité trop lourde pour elle : c'est le déni.

Asthme et polyarthrite rhumatoïde

Journal Quotidien du Médecin N° 6476 du 14 Avr. 1999 - page 12

Ecrire son stress noir sur blanc peut apporter un soulagement physique.

« Relatez par écrit l'expérience la plus désagréable de votre vie ». Le fait de suivre cette consigne a apporté un soulagement significatif, objectivé par des critères physiques, à des personnes souffrant d'asthme et de polyarthrite rhumatoïde de gravité légère à modérément sévère.

Le travail de Joshua M. Smyth et coll. (North Dakota State University, Fargo) est le premier à démontrer que la rédaction d'un événement de vie stressant améliore objectivement, sur les critères d'une cotation par le médecin et des échelles d'évaluation de gravité, des patients souffrant de pathologies chroniques.
Il s'ajoute à un ensemble de travaux, de plus en plus nombreux, étayant l'utilité de travailler sur les besoins psychologiques des patients, avec un profit enregistré à la fois en termes psychologiques et physiques.

Smyth et coll. ont constitué deux groupes parmi 112 patients souffrant d'asthme ou de polyarthrite rhumatoïde (PR) d'intensité légère à modérément sévère. Le groupe contrôle a été formé de personnes qui ont écrit sur des sujets neutres du point de vue émotionnel.

Quatre mois après cette épreuve, les patients asthmatiques du groupe expérimental ont présenté une amélioration fonctionnelle respiratoire, consistant en un gain de 19 % en moyenne du VEMS, alors que les sujets du groupe contrôle n'ont observé aucun changement.

Chez les patients souffrant de PR, le changement s'est manifesté pour la maladie dans son ensemble, avec une réduction moyenne de la sévérité de 28 %. Là non plus, les patients du groupe contrôle n'ont pas eu de modification.

En combinant l'ensemble des patients qui sont allés jusqu'au bout de l'étude, 47,1 % patients du groupe expérimental (33 sur 70) ont éprouvé une amélioration clinique versus 24,3 % (9 sur 37) du groupe contrôle.
« Ces gains vont au-delà de ceux attribués au traitement standard que tous les patients ont reçu », constatent les auteurs, qui ne peuvent « malheureusement » pas encore dire s'ils vont persister dans le temps ni si ce type d'exercice peut être bénéfique dans d'autres pathologies.

Bouleversement émotionnel

Pour le moment, le mécanisme sous-tendant ces effets demeure hypothétique, même si un certain nombre d'explications ont été proposées. Les participants indiquent avoir ressenti un bouleversement émotionnel très important pendant l'épreuve ; des altérations concomitantes des mesures psychophysiques (rythme cardiaque, tension artérielle, etc.) ont été observées.

Certaines études ont montré des altérations des mesures immunitaires à la suite de l'exercice de rédaction. D'où des explications possibles, mais qui restent encore non établies.
Par ailleurs, les représentations cognitives et mnésiques des traumatismes passés sont susceptibles d'être modifiées par cet exercice d'écriture, et peut-être dans le sens d'une meilleure gestion des événements stressants.
L'éditorialiste David Spiegel (Stanford University) cite l'intérêt de la combinaison de ce type d'intervention aux autres formes de traitement. Pour lui, ce n'est pas donner une importance exagérée à l'esprit, mais simplement prendre en compte le fait que l'esprit est important.

Dr Béatrice VUAILLE